⚠️ Avertissement : Cet article est proposé à titre informatif et culturel. Il ne constitue ni un conseil médical, ni une recommandation nutritionnelle. Le thé n’est pas un complément alimentaire. Pour toute question relative à votre alimentation, adressez-vous à un professionnel de santé.
Le thé occupe une place croissante dans les habitudes des sportifs. Footballeurs, coureurs, pratiquants d’arts martiaux, cyclistes : nombreux sont ceux qui glissent une théière ou une bouteille infusée dans leur sac. Cet usage n’a rien de nouveau. En Chine comme au Japon, le thé accompagne depuis longtemps les pratiques physiques et martiales, souvent pour la pause qu’il impose autant que pour la boisson elle-même.
Ce guide s’intéresse donc à une question simple : quels thés et quelles infusions les sportifs choisissent-ils, et selon quels critères ? Vous n’y trouverez ni promesse ni allégation. Nous parlons ici de teneur en théine, de profils aromatiques, de températures d’infusion et de formats nomades. Ensuite, à chacun de tester et de trouver ce qui convient à sa pratique et à ses goûts.
La théine et la caféine désignent exactement la même molécule. Le mot « théine » s’est simplement imposé dans le vocabulaire du thé. Cette molécule figure sur la liste de surveillance de l’Agence Mondiale Antidopage, et non sur la liste des substances interdites : elle est donc autorisée en compétition, quelle que soit la dose.
Le thé contient également de la L-théanine, un acide aminé présent en quantité notable dans peu de plantes en dehors du Camellia sinensis. Sa concentration varie selon la famille de thé et le mode de culture : les thés d’ombre japonais, comme le Gyokuro et le Matcha, en sont particulièrement pourvus.
En pratique, une tasse de thé se situe entre 15 et 50 mg de théine selon la famille, contre 80 à 120 mg pour un café filtre. Ensuite, la teneur dépend beaucoup de vos gestes : la quantité de feuilles, la température et la durée d’infusion la font varier du simple au double. Pour approfondir, consultez notre article Théine vs Caféine.
La plupart des pratiquants qui boivent du thé avant l’entraînement le font 30 à 60 minutes en amont, plutôt que juste avant. Une boisson chaude prise dans la précipitation reste rarement confortable au moment de démarrer.
Le thé vert est le plus répandu dans les routines sportives. Un Sencha japonais ou un Lung Ching chinois, infusé à 75-80 °C pendant 2 à 3 minutes, donne une tasse végétale et nette, dans le bas de la fourchette en théine. Son profil léger passe bien avant une séance, là où un thé très corsé peut sembler lourd.
Chez les pratiquants d’arts martiaux, le thé vert s’inscrit souvent dans une routine plus large où l’alimentation d’avant-séance est réfléchie. Le site BJJ Rules consacre par exemple un guide à la nutrition dans le Jiu-Jitsu Brésilien, pour ceux qui souhaitent creuser cet aspect.
Le Matcha se distingue parce qu’on consomme la feuille entière, réduite en poudre et mise en suspension dans l’eau. Une portion de 2 g dans 8 cl se situe donc nettement plus haut que les autres thés en théine, autour de 60 à 70 mg, soit l’ordre de grandeur d’un espresso.
Sa préparation est par ailleurs très rapide : il suffit de fouetter la poudre dans l’eau chaude, ce qui le rend praticable même dans un vestiaire. En revanche, comme on ingère la feuille entière, on ingère aussi l’intégralité de ses tanins. Beaucoup préfèrent donc l’accompagner d’une collation plutôt que de le prendre à jeun.
Pour ceux qui préfèrent une tasse plus charpentée, un thé noir corsé de type Assam ou English Breakfast se situe entre 35 et 50 mg de théine. Son profil malté et rond s’accorde naturellement au petit déjeuner d’avant-course. C’est aussi la famille qui accepte le mieux un nuage de lait, ce qui en fait une boisson plus consistante.
Une boisson chaude n’a évidemment pas sa place en plein entraînement. Le thé glacé, lui, trouve sa place dans les sports d’endurance : course, vélo, randonnée.
La méthode la plus simple reste le cold brew, c’est-à-dire l’infusion à froid. Placez les feuilles dans l’eau froide et laissez-les au réfrigérateur 8 à 12 heures. L’extraction lente donne une boisson douce, sans l’amertume qu’une infusion chaude refroidie peut développer. Versée dans une gourde isotherme avec quelques glaçons, elle se transporte facilement.
Une précision utile en revanche : le thé n’est pas une boisson de l’effort. Il n’apporte ni électrolytes ni glucides en quantité notable. Sur des efforts prolongés, il vient donc en complément d’une boisson adaptée, jamais en remplacement.
Après l’entraînement, beaucoup se tournent vers les infusions sans théine, tout simplement parce qu’elles se boivent à n’importe quelle heure sans avoir à compter les tasses.
Le Rooibos est l’infusion la plus citée en fin de séance. Cet arbuste d’Afrique du Sud ne contient naturellement pas de théine. Son goût rond, aux notes de vanille, de noisette et de caramel, se passe volontiers de sucre. Sa préparation est également très tolérante : 100 °C, 5 à 7 minutes, et il ne devient jamais amer.
Chaud après une séance hivernale ou glacé après une session estivale, il s’adapte à toutes les saisons. C’est d’ailleurs l’une des rares infusions qui supporte aussi bien les deux températures.
Les infusions de plantes offrent une large palette de profils. La camomille donne une tasse florale et miellée. La verveine et le tilleul sont plus légers, sur des notes citronnées et végétales. Enfin, la menthe poivrée, servie glacée, est particulièrement rafraîchissante après une séance d’été.
Aucune de ces infusions ne contient de théine. Elles conviennent donc à ceux qui s’entraînent tard et préfèrent une boisson chaude en fin de journée.
Impossible de parler de thé et de sport sans évoquer le maté. Cette infusion sud-américaine, issue de l’Ilex paraguariensis et non du Camellia sinensis, est devenue une image familière des vestiaires du football professionnel, où l’on voit régulièrement des joueurs arriver avec leur calebasse et leur thermos.
Le maté se situe autour de 30 à 50 mg de théine par tasse. Il contient également de la théobromine, la molécule que l’on trouve aussi dans le cacao. La préparation traditionnelle, dans une calebasse avec une bombilla, permet par ailleurs de réinfuser les mêmes feuilles de nombreuses fois au fil de la journée.
Au-delà de la boisson, c’est surtout une pratique sociale. Le maté circule de main en main, chacun boit à la même bombilla, et ce partage crée un rituel d’équipe comparable au service du thé en Asie. Sa diffusion dans le football européen tient d’ailleurs beaucoup aux joueurs argentins et uruguayens, pour qui il fait partie du quotidien depuis l’enfance. Pour découvrir cette tradition, consultez notre article dédié au maté.
Quelques maladresses reviennent souvent et gâchent inutilement une bonne tasse.
Infuser beaucoup trop fort. Doubler la dose de feuilles ou tripler le temps d’infusion ne rend pas le thé « plus efficace », cela extrait surtout les tanins et rend la tasse astringente. Respectez les repères de dosage et de température propres à chaque famille.
Ne boire que du thé. Le thé est une boisson agréable, mais il ne remplace pas l’eau, en particulier autour de l’effort. Alternez.
Oublier l’heure. Si vous vous entraînez en soirée et que vous êtes sensible à la théine, le Rooibos, le Honeybush et les infusions de plantes existent précisément pour ça. Chacun connaît sa propre sensibilité, elle varie énormément d’une personne à l’autre.
Croire aux allégations « brûle-graisses » ou « detox ». Aucun thé ne fait maigrir, ne brûle les graisses ni ne détoxifie l’organisme. Ces formules relèvent du marketing et sont encadrées par la réglementation européenne, en particulier le règlement UE 1924/2006. Le thé est une boisson, pas un complément alimentaire.
| Moment | Thé ou infusion | Théine indicative | Caractère de la tasse |
|---|---|---|---|
| Petit déjeuner d’avant-course | Thé noir (Assam, English Breakfast) | 35-50 mg | Malté et corsé, accepte le lait |
| 30-60 min avant la séance | Thé vert (Sencha, Lung Ching) | 20-35 mg | Végétal et léger |
| Avant une compétition | Matcha | 60-70 mg | Dense et umami, préparation rapide |
| Pendant l’endurance | Thé glacé en cold brew | 15-30 mg | Doux, sans amertume |
| Effort intensif prolongé | Eau et boisson de l’effort | 0 mg | Le thé n’apporte ni électrolytes ni glucides |
| Juste après la séance | Rooibos, chaud ou glacé | 0 mg | Rond et naturellement sucré |
| En soirée | Camomille, verveine, tilleul | 0 mg | Floral ou citronné, très léger |
| Jour de repos | Maté en calebasse | 30-50 mg | Végétal et boisé, se réinfuse longtemps |
Thés verts, matés du Brésil, Rooibos et infusions sans théine : nous avons réuni une sélection pensée pour accompagner chaque moment de votre journée.
Oui. La caféine, autrement dit la théine, a été retirée de la liste des substances interdites par l’Agence Mondiale Antidopage en 2004. Elle figure depuis sur le programme de surveillance, ce qui signifie que sa présence est observée mais n’entraîne aucune sanction. Le thé, le maté et le café sont donc autorisés en compétition.
Une tasse de thé est très majoritairement composée d’eau, elle participe donc naturellement aux apports en liquide de la journée. Cela dit, autour d’un effort intense, l’eau pure ou une boisson adaptée restent le choix de référence.
Aucune, il s’agit de la même molécule. Le terme « théine » a simplement été conservé dans le vocabulaire du thé pour des raisons historiques. Ce qui change entre une tasse de thé et une tasse de café, c’est la quantité présente et l’ensemble des autres composés qui l’accompagnent.
La culture du maté s’est diffusée dans le football professionnel par les joueurs sud-américains, argentins et uruguayens en particulier, pour qui la calebasse fait partie du quotidien depuis l’enfance. Leurs coéquipiers ont adopté l’habitude, et le rituel de partage s’est installé dans les vestiaires comme un moment collectif.
Si vous êtes sensible à la théine, tournez-vous vers le Rooibos, le Honeybush ou les infusions de plantes comme la camomille, la verveine, le tilleul ou la menthe. Ces boissons n’en contiennent pas du tout et se préparent aussi bien chaudes que glacées.
Thé et sport se rejoignent donc moins autour d’une promesse que d’une habitude. Un thé vert ou un Matcha avant la séance, un cold brew pendant les sorties longues, un Rooibos ou une infusion de plantes après, et le maté pour sa dimension collective. L’essentiel reste d’expérimenter, de repérer ce qui vous convient, et de faire de chaque tasse un moment agréable dans votre routine.
Et vous, quel thé ou quelle infusion accompagne votre pratique sportive ? Dites-nous en commentaire !
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