Chine et ses Jardins Célestes
La Chine est considérée comme le berceau du thé noir : c'est dans la province du Fujian, au XVIIe siècle, que serait né le tout premier, le Lapsang Souchong. Les thés noirs chinois se distinguent des indiens et sri-lankais par leur douceur, leur complexité et leur faible astringence.
Trois provinces, trois styles
Là où un Assam est corsé et malté, un Yunnan est doux et miellé. Là où un Ceylan est vif et net, un Keemun est fin et floral. Trois grandes provinces produisent les thés noirs chinois les plus réputés : le Yunnan, le Fujian et l'Anhui, chacune avec son terroir et son savoir-faire.
Yunnan : les Dian Hong, doux et miellés
Le Yunnan, au sud-ouest de la Chine, produit les Dian Hong, les « rouges du Yunnan ». Ils sont fabriqués à partir de la variété Assamica, les mêmes grandes feuilles que l'Assam indien, mais travaillées à la chinoise. Le résultat est très différent : doux, malté, presque naturellement sucré, avec des notes de miel, de cacao et parfois de poivre. Les bourgeons dorés (tips) qui parsèment les feuilles sombres sont un repère de finesse : plus un Dian Hong en contient, du Grand Yunnan classique aux crus impériaux, plus sa tasse gagne en rondeur et en complexité.
Fujian : les thés fumés légendaires
Le Fujian est le berceau du thé noir. C'est ici qu'est né le Lapsang Souchong, selon la légende par accident, quand des feuilles furent séchées au-dessus d'un feu de bois de pin. Le résultat : un goût fumé, résineux, boisé, avec des notes de cuir et de tabac. C'est l'un des thés les plus clivants au monde, on adore ou on n'aime pas, mais il ne laisse personne indifférent. Le Tarry Souchong en est la version encore plus intensément fumée, pour les amateurs de saveurs puissantes.
Accord : le Lapsang Souchong est l'un des rares thés qui s'accorde naturellement avec le salé : fromages affinés, charcuterie, viande grillée.
Anhui : le Keemun, le « Bourgogne des thés »
La province d'Anhui produit le Keemun, créé en 1875 pour rivaliser avec les thés noirs indiens et devenu l'un des plus prestigieux au monde. Son profil est fin et délicat : notes florales de rose et d'orchidée, cacao, prune, avec une liqueur rouge clair et brillante. C'est un thé de dégustation, à boire nature, l'après-midi, quand on a le temps de l'apprécier.
Comment préparer un thé noir chinois ?
- Yunnan Dian Hong : 90 à 95 °C, 3 à 4 minutes, 2,5 g pour 20 cl.
- Keemun : 85 à 90 °C, 3 à 4 minutes, 2,5 g pour 20 cl. Le plus délicat, baissez la température.
- Lapsang Souchong : 90 à 95 °C, 4 à 5 minutes, 2,5 g pour 20 cl.
Conseil : les thés noirs chinois, plus délicats que les indiens, se dégustent nature. Évitez les infusions trop longues, surtout pour le Keemun.
Questions fréquentes
Quelle différence entre thé noir chinois et thé noir indien ?
Les thés noirs chinois sont généralement plus doux, moins astringents et plus complexes en arômes. Un Yunnan est miellé là où un Assam est corsé, un Keemun est floral là où un Darjeeling est muscaté. Les thés indiens s'accommodent souvent de lait, les chinois se boivent plutôt nature.
Le Lapsang Souchong est-il très fumé ?
Son fumé est prononcé mais pas agressif. Le Tarry Souchong en est la version intense, à réserver aux amateurs de saveurs puissantes. Si le fumé vous attire sans vous rassurer, commencez par le Lapsang classique.
Par quel thé noir chinois commencer ?
Un Yunnan Dian Hong est le plus accessible : doux, malté, presque sucré. Le Keemun s'adresse aux amateurs de thés fins et floraux. Le Lapsang Souchong est à part : un thé d'aventure.
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